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L’allaitement réduit le risque de maladies cardiovasculaires à long terme chez la mère

oct. 12, 2020

Les femmes qui allaitent leur enfant sont moins susceptibles de développer une maladie cardiaque plus tard dans la vie, selon des résultats présentés lors du congrès annuel 2019 de la Société Européenne d’Endocrinologie. L’étude suggère également que l’effet protecteur sur la santé cardiaque est augmenté chez les femmes ayant allaité pendant de plus longues périodes. Ces données fournissent une preuve supplémentaire des bénéfices de l’allaitement pour la santé à long terme, et les femmes doivent donc être encouragées à allaiter dans la mesure du possible. 

Il a été montré précédemment que l’allaitement réduit les risques de dépression post-partum et de certains cancers chez la femme. Il a également été établi que l’allaitement peut aider les mères à maintenir un poids corporel sain et à réguler la glycémie. Ces bénéfices sont vraisemblablement liés à des teneurs plus élevées de l’hormone prolactine chez les mères qui allaitent. Plus récemment, des études ont montré que la prolactine réduit le risque de diabète, un facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires. Alors que les maladies cardiovasculaires représentent l’une des principales causes de décès chez la femme dans le monde, les effets protecteurs à long terme de l’allaitement sur ce risque n’ont pas été suffisamment étudiés.

Dans cette étude, le Professeur Irene Lambrinoudaki de l’Université d’Athènes et ses confrères ont mesuré les marqueurs de santé cardiovasculaire chez des femmes en post-ménopause, en tenant compte de leurs antécédents d’allaitement. Après ajustement sur d’autres facteurs de risque cardiovasculaire, dont le poids corporel, l’âge, la teneur en cholestérol et le tabagisme, les données montrent chez les femmes ayant allaité, des risques significativement plus faible de maladies cardiovasculaires et des taux plus faibles d’indicateurs du risque cardiaque. L’effet était encore plus significatif chez les femmes ayant allaité pendant de plus longues périodes.

Le Professeur Irene Lambrinoudaki déclare : "Ces résultats indiquent que l’allaitement maternel réduit le risque de maladies cardiovasculaires chez les femmes. Cependant, cette étude montre seulement une corrélation, et nous cherchons à présent à établir les causes sous-jacentes de cet effet protecteur. Si nous pouvons démontrer un lien de causalité pour cet effet protecteur, les femmes auront une raison supplémentaire d’allaiter leur enfant, au-delà des bénéfices déjà documentés de l’allaitement pour leur santé et celle de leur enfant à court et long terme."

L’équipe du Professeur Lambrinoudaki étudie à présent les mécanismes moléculaires par lesquels la prolactine affecte la glycémie, l’hyperglycémie étant un facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires.

Ces recherches pourraient permettre l’identification de nouveaux mécanismes à cibler pour la prévention des maladies cardiovasculaires pour tous, et non pas seulement pour les femmes allaitantes.

 

Liens : https://www.eurekalert.org/pub_releases/2019-05/esoe-brl051319.php