Annales 74.1 : Ce que l'alimentation peut et ne peut pas faire

Editeur(s): Carlos Lifschitz. 74.1

Dans ce numéro, nous allons aborder le sujet crucial du rôle thérapeutique de l'alimentation.

Articles liés

L’immunothérapie orale dans les allergies alimentaires

Auteur(s): Elizabeth Feuille et Anna Nowak-Węgrzyn

L’immunothérapie orale est un traitement expérimental de l’allergie alimentaire, qui a montré une efficacité dans la désensibilisation des sujets envers des protéines alimentaires nocives. Dans la mesure où la plupart des sujets retrouvent une sensibilité après quelques jours à quelques semaines d’évitement, il n’est pour l’instant pas établi si l’immunothérapie orale à la capacité d’induire une tolérance permanente. La sécurité d’emploi et la tolérance de l’immunothérapie orale continuent de limiter son utilisation en pratique clinique de routine.

Vérités, mythes et besoins d’aliments spéciaux : Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, autisme, sensibilité au gluten non coeliaque et végétarisme

Auteur(s): Sylvia Cruchet

Une alimentation saine et équilibrée doit être encouragée chez les enfants présentant un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et souffrant d’autisme. Chez les enfants présentant un TDAH, une restriction diététique en sucres, en édulcorants et l’élimination des colorants/conservateurs améliorent les performances au niveau du comportement et de l’attention. D’autres régimes d’élimination spécifiques ne doivent être recommandés que chez les enfants montrant une allergie alimentaire avérée. Une supplémentation en acides gras oméga-3 améliore le comportement. Il n’existe aucune preuve solide en faveur de l’indication d’une alimentation sans gluten et sans caséine dans la prise en charge de l’autisme. Un régime d’exclusion ne sera indiqué que chez les enfants présentant une allergie au lait et/ou au blé démontrée. Des carences en macro et en micronutriments ont été décrites chez les enfants suivant ce type de régime, et un contrôle par des professionnels de santé doit être encouragé. Une nouvelle entité, la sensibilité au gluten non coeliaque, a été décrite, mais sa définition et son spectre clinique évoluent encore. Les bénéfices d’un régime sans gluten (RSG) sont clairement démontrés dans ce type d’affections. Jusqu’à présent, aucune complication à long terme n’a été décrite chez les patients ne respectant pas strictement ce régime. Le RSG sans contrôle par un professionnel de santé peut exposer au risque de carences vitaminiques (principalement en vitamines B et en acide folique) et en micronutriments (en particulier le fer et le zinc), ainsi qu’à une consommation insuffisante de fibres. Les personnes suivant un régime végétarien, en particulier les végétaliens, sont exposées un risque de carence en vitamine B 12, si elles ne reçoivent pas de supplémentation adéquate. Le régime végétarien est une alternative faisable s’il est mis en oeuvre sous le contrôle d’un spécialiste, en particulier au cours des périodes vulnérables de la vie.

Le rôle de l’alimentation dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin

Auteur(s): Frank M. Ruemmele

Le nombre de patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) est en constante augmentation, en particulier dans les pays adoptant un style de vie occidental. Il existe un lien évident entre le changement des habitudes alimentaires/de la production d’aliments et l’incidence des MICI. Les études expérimentales indiquent que des ingrédients alimentaires fréquemment utilisés peuvent altérer la barrière intestinale, et ainsi provoquer une inflammation intestinale. Les glucides complexes, notamment la maltodextrine, les agents émulsifiants ou les épaississants, notamment la carboxyméthylcellulose, la carragénine et la gomme xanthane, se sont avérés avoir des effets négatifs sur l’homéostasie intestinale. Une exclusion de certains aliments a été proposée sur la base d’études épidémiologiques et expérimentales. Il existe des preuves satisfaisantes indiquant qu’une alimentation entérale exclusive constitue un traitement efficace permettant d’induire une rémission chez des patients atteints de maladie de Crohn. Les preuves scientifiques sont encore insuffisantes concernant les régimes d’exclusion et certains régimes pour le traitement

Les glucides alimentaires et les douleurs abdominales fonctionnelles chez l’enfant

Auteur(s): Bruno P. Chumpitazi et Robert J. Shulman

La malabsorption des glucides peut provoquer des symptômes gastro-intestinaux (par exemple, ballonnements) par l’intermédiaire d’effets physiologiques augmentant l’activité osmotique et la production de gaz à partir de la fermentation bactérienne.
Les preuves indiquant qu’une restriction d’glucides individuels (par exemple, lactose) permet d’éviter les troubles gastro-intestinaux fonctionnels chez l’enfant restent insuffisantes ; toutefois, des éléments nouveaux suggèrent qu’une restriction des oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles (oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides and polyols, FODMAP) pourrait être efficace.
Une supplémentation en fibres solubles (glucides complexes) s’est avérée efficace au cours d’études interventionnelles contrôlées et randomisées dans les troubles gastro-intestinaux fonctionnels infantiles.