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Résultats fonctionnels des oligosaccharides du lait maternel

janv. 18, 2018

Que sont les oligosaccharides du lait maternel ?

Les oligosaccharides du lait maternel (human milk oligosaccharides, HMO) sont des sucres complexes que la mère produit en grandes quantités dans le lait maternel. Nous pouvons les assimiler à des fibres, que le bébé ne peut pas digérer. L’un des objectifs des oligosaccharides est de modifier les bactéries intestinales du nourrisson.

Sont-ils partiellement absorbés ou pas du tout ? Quel est leur mode d’action ?

L’intestin ne peut pas les transformer. Ils peuvent entrer en faible quantité dans la circulation systémique, mais ne sont pas absorbés comme des nutriments.

Il existe une fonction pour pratiquement toutes les molécules du lait maternel. L’une des fonctions des HMO consiste à stimuler le système immunitaire ou à interagir de façon bénéfique avec les cellules humaines. Une autre fonction vise à empêcher les germes pathogènes de se lier aux entérocytes. Enfin, ils contribuent également à enrichir le côlon de bactéries bénéfiques spécifiques. Par conséquent, les oligosaccharides du lait maternel remplissent une multitude de fonctions.

Comment les oligosaccharides maternels influencent-ils le microbiote ?

Comme les fibres, les HMO ne sont pas digérés dans le côlon. Dans le gros intestin, il existe un sous-ensemble de bactéries ayant la capacité de transformer ces sucres complexes et de les utiliser. Ces bactéries fermentent les aliments, et peuvent produire des produits finaux qui, à leur tour, constitueront des nutriments pour les colonocytes.

À notre naissance, nous sommes plus ou moins stériles, puis notre tractus intestinal est progressivement colonisé par différents mécanismes : les nouveaux nés peuvent hériter des microbes de leur mère par transmission à la naissance mais aussi lors de l’allaitement. D’une certaine manière, le lait permet de participer à l’élaboration du microbiote de l’enfant, en contribuant, à développer une flore saine ainsi qu’une barrière à la multiplication de microbes potentiellement pathogènes.

En définitive, que font les HMO dans l’organisme ?

Ils contribuent à enrichir la population spécifique des bifidobactéries qui interviennent de façon bénéfique dans plusieurs mécanismes. Ces bactéries élaborent des produits finaux de fermentation, dont les acétates et les lactates, ayant pour rôle d’abaisser le pH du côlon. Cet environnement acide limite le développement de germes pathogènes. Les acides gras à chaîne courte, les acétates et les lactates, sont aussi connus pour stimuler positivement le système immunitaire de l’hôte. Il en résulte une amélioration de la fonction barrière du côlon. La présence d’une forte fermentation dans le côlon est associée à la bonne santé du nourrisson – ce phénomène étant bien connu depuis des centaines d’années.

Qu’en est-il des nourrissons prématurés présentant un faible poids à la naissance ?

Chez les nourrissons dont la colonisation traditionnelle du tractus intestinal a été perturbée, que ce soit à cause d’une naissance prématurée ou par l’utilisation d’antibiotiques, et dont le microbiote intestinal a été profondément modifié, d’autres micro-organismes, en dehors des bifidobactéries, peuvent consommer les HMO, mais les substrats qui en résulteront pourront ou non être consommés par des bactéries pathogènes.       
Par conséquent, chez les nourrissons prématurés ou présentant une microflore dysbiotique, il existe un risque de consommation croisée des HMO par une population de bactéries pathogènes.

Quels seraient vos critères pour définir l’innocuité de l’utilisation des HMO dans les préparations pour nourrissons ?

Cela a nécessité et nécessite beaucoup de réflexion et des connaissances scientifiques. Des études ont été réalisées pour vérifier l’innocuité de l’utilisation des HMO. A l’heure actuelle, sur la base des études scientifiques disponibles jusqu’à présent, 2 sociétés savantes, l’EFSA pour l’Europe et la FDA (Food and Drug Administration) pour les Etats-Unis, ont confirmé la sécurité d’emploi dans les préparations pour nourrissons de 2 HMO : le 2’FL et le LNnt. Des études complémentaires doivent être menées pour d’autres types de HMO.

Existe-t-il une différence d’efficacité plus importante dans les pays en voie de développement ?

L’ironie de la situation est que les populations des pays en voie de développement ont en réalité davantage de bifidobactéries que dans les pays développés. Mais les pays plus développés ont moins de germes pathogènes dans l’environnement, et par conséquent sont exposés à un risque inférieur. Il est nécessaire d’étudier les deux populations de façon équivalente.