Vaccination

Editeur(s): Olle Hernell Annales Nestlé Vol.66/2 , 2008

Sommaire

Après l’accès à l’eau potable non contaminée, la vaccination est devenue la seconde mesure de santé publique la plus efficace pour le contrôle des maladies infectieuses. L’éradication réussie de la variole voici 30 ans a naturellement abouti au point de vue optimiste, selon lequel les maladies infantiles pourraient être également éradiquées par la vaccination. De fait, il existe un bon espoir de pouvoir bientôt éradiquer certaines maladies infectieuses, par exemple la poliomyélite et la rougeole. D’autre part, près de 3 millions de personnes, pour la plupart des nourrissons et des enfants âgés de moins de 5 ans et vivant dans des pays en développement, décèdent chaque année de maladies pouvant être prévenues par des vaccins. Cette situation frustrante doit être mise en balance avec le développement permanent de nouveaux vaccins, qui s’avèrent sûrs et sont utilisés avec une grande efficacité dans des pays à haut revenus. Il a été également décevant d’apprendre que les expériences acquises dans ces pays ne pouvaient pas être nécessairement directement applicables aux pays à bas revenus. Les vaccins les plus nécessaires sont partiellement différents, les réponses immunitaires peuvent varier et les ressources financières et les infrastructures sont des obstacles substantiels à la mise en oeuvre des programmes nécessaires de vaccination. Pour ces raisons, le présent numéro des Annales Nestlé est consacré aux vaccins, au sens large du terme, d’un point de vue global.

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  • Impact des vaccins dans les pays à bas et hauts revenus

    Auteur(s): Leif Gothefors

    Éradication des maladies : le rôle des vaccins dans le monde Les premières tentatives de vaccination ont été réalisées en Chine ; les croûtes des malades de la variole étaient réduites en poudre, puis inoculées dans le nez de personnes saines.1 En dépit du décès d’un petit pourcentage d’individus au cours de cette procédure, le taux de mortalité restait nettement inférieur à celui de la maladie. Aujourd’hui, la vaccination est l’un des moyens les plus efficaces pour contrôler la propagation des maladies infectieuses. Leif Gothefors montre de façon brillante l’impact de la vaccination sur la carte des maladies dans le monde.2 En prenant pour principal exemple le programme EPI (Expanded Program on Immunization : programme élargi de vaccination), Gothefors raconte l’histoire de la vaccination au cours du siècle écoulé, en mettant l’accent sur les enfants. Parmi les réussites à l’actif de l’EPI, l’on peut citer l’éradication de la variole et de la polio dans la plupart des pays. Certaines maladies, en revanche, comme la tuberculose, s’avèrent plus difficiles à éradiquer. En dépit de l’existence de vaccins, la tuberculose est encore responsable de 25 % de l’ensemble des décès évitables dans le monde. La principale raison de cet échec est que le vaccin antituberculinique largement utilisé ne permet pas de prévenir la primo-infection. Il ne permet pas non plus de prévenir la réactivation des infections latentes, une voie de prédilection de la transmission de la tuberculose dans les communautés. Néanmoins, l’histoire de la tuberculose atteste de l’efficacité des vaccins à réduire l’incidence des maladies infectieuses. Les professionnels de la santé ont encore plusieurs problèmes à résoudre. En dépit des efforts de l’EPI, on estime qu’entre 15 et 25 % des enfants dans le monde ne seraient pas encore immunisés. Certaines décisions politiques peuvent tout gâcher. En 2003, le Nigeria était l’un des derniers bastions du virus de la polio. Au lieu de poursuivre le programme de vaccination, certains hommes politiques ont décidé de suspendre les campagnes pour de fallacieuses raisons de sécurité. De nouvelles épidémies de polio sont alors apparues, entraînant la réinfection de zones du pays et du continent africain où la polio avait déjà été éradiquée. L’exode rural et l’accroissement des déplacements internationaux augmentent également le risque de résurgence de maladies précédemment éradiquées. Comment faire face à ces défis ? Gothefors conseille de renforcer les systèmes de santé publique des pays en voie de développement afin de maximiser la couverture vaccinale. Cette stratégie, associée à une amélioration des schémas posologiques des vaccins existants, sont des outils suffisants pour contrôler les maladies infectieuses et rallonger l’espérance de vie des enfants dans les pays en voie de développement.

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