Maladies tropicales

Editeur(s): Noel W. Solomons Annales Nestlé Vol.66/1 , 2008

Sommaire

Les parasites et le parasitisme sont indissociablement liées aux Tropiques. Les orchidées sont bien connues pour parasiter les arbres des jungles pluviales humides et chaudes. De même, les protozoaires monocellulaires et les helminthes (vers) complexes qui s’abritent et se nourrissent dans des niches spécifiques des tissus humains sont devenus synonymes de «maladies tropicales». Environ 1/3 seulement de la population mondiale vit entre 23,5° de latitude nord (le Tropique du Cancer) et 23,5° de latitude sud (le Tropique du Capricorne), dans la «partie médiane» de la terre qui inclut des régions d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie et des îles du Pacifique. La plus grande concentration de pauvreté, d’illettrisme, de faible degré d’éducation et de distribution inégale des ressources se situe cependant dans cette ceinture géographique. Elle est également la plus faible en termes d’infrastructures et d’investissements en santé publique et soins médicaux. La population des Tropiques semblerait donc sujette à une sévérité différentielle de l’attaque par des agents pathogènes pour l’homme dans leur environnement. est devenue la seconde mesure de santé publique la plus efficace pour le contrôle des maladies infectieuses. L’éradication réussie de la variole voici 30 ans a naturellement abouti au point de vue optimiste, selon lequel les maladies infantiles pourraient être également éradiquées par la vaccination. De fait, il existe un bon espoir de pouvoir bientôt éradiquer certaines maladies infectieuses, par exemple la poliomyélite et la rougeole. D’autre part, près de 3 millions de personnes, pour la plupart des nourrissons et des enfants âgés de moins de 5 ans et vivant dans des pays en développement, décèdent chaque année de maladies pouvant être prévenues par des vaccins. Cette situation frustrante doit être mise en balance avec le développement permanent de nouveaux vaccins, qui s’avèrent sûrs et sont utilisés avec une grande efficacité dans des pays à haut revenus. Il a été également décevant d’apprendre que les expériences acquises dans ces pays ne pouvaient pas être nécessairement directement applicables aux pays à bas revenus. Les vaccins les plus nécessaires sont partiellement différents, les réponses immunitaires peuvent varier et les ressources financières et les infrastructures sont des obstacles substantiels à la mise en oeuvre des programmes nécessaires de vaccination. Pour ces raisons, le présent numéro des Annales Nestlé est consacré aux vaccins, au sens large du terme, d’un point de vue global.

ARTICLES
  • Ascaris lumbricoides: analyse de son épidémiologie et de ses relations à d'autres infestations

    Auteur(s): Marilyn E. Scott

    Le ver errant : impact des infections à Ascaris Ascaris est l’un des plus gros vers ronds intestinaux (nématodes) pouvant infecter l’homme. On peut trouver ses œufs dans des aliments, de l’eau ou un sol contaminé. Un fois ingérés, ils éclosent dans l’intestin grêle. Les vers font des galeries dans la paroi intestinale, endommageant au passage les tissus avoisinants, comme le foie, le cœur et les poumons. Ils séjournent dans les poumons jusqu’à être capables de remonter par les bronches jusqu’à la trachée et à la glotte, d’où ils sont expulsés par la toux, puis déglutis par l’hôte. Lors de leur deuxième séjour dans l’intestin grêle, les vers deviennent adultes et mesurent entre 20 et 35 cm de longueur. Les femelles pondent des milliers d’œufs résistant à la chaleur et aux agents chimiques, que l’hôte évacue dans les selles. Ces œufs collants se fixent au sol, aux fruits, aux légumes, aux jouets et même aux mouches et aux cafards. On estime à 1,4 milliard le nombre d’individus présentant une infection à Ascaris dans le monde. Le fardeau de la maladie, le diagnostic et les stratégies de prise en charge font l’objet d’une étude impressionnante de Marilyn Scott. Son article commence par une présentation générale du cycle de vie de l’Ascaris et décrit les facteurs de risque de l’infection, notamment la consommation de tertres de termites, la possession de porcs et l’irrigation avec des eaux usées non traitées. Les enfants des régions très pauvres sont particulièrement exposés à l’ingestion d’œufs d’Ascaris. Scott présente plusieurs aspects étonnants de la biologie du ver rond. Elle révèle notamment que l’infection à Ascaris minimise les symptômes de certaines maladies atopiques et auto-immunes, comme le rhume des foins, l’asthme et l’eczéma. Le contexte génétique est un élément majeur de la réponse immunitaire de l’individu à l’infection à Ascaris ; il affecte également les vitesses de dispersion et de réinfection par ce parasite. Comme on pouvait s’y attendre, l’Ascaris a des effets négatifs sur l’absorption des nutriments. Scott propose une approche « holistique » pour ce problème de santé très répandu. Comme les victimes de l’Ascaris sont également des cibles privilégiées d’autres parasites et virus, comme le trichocéphale, l’ankylostome, le paludisme et le VIH, Scott recommande la prise en compte de la présence de ces co-infections dans l’élaboration de nouvelles techniques de prévention et de prise en charge. Comment lutter efficacement contre ces vers ronds insidieux ? Scott considère que l’utilisation combinée d’une supplémentation en micronutriments et d’anthelminthiques est plus efficace que l’utilisation isolée de ces derniers. Mais pour aller au cœur du problème, il faut lutter contre la source de contamination par l’Ascaris, en prêtant une attention toute particulière aux facteurs environnementaux et sociaux exposant certains individus à un risque plus élevé.

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