Nourrir la mère et l‘enfant

Editeur(s): Maria Makrides, Adelaide Annales Nestlé Vol.68.1 , 2010

Sommaire

Faut-il manger pour deux? Oui, la femme enceinte mange pour deux, mais l’équation n’est pas aussi simple que cette affirmation ne le laisse penser. Durant la grossesse, des changements hormonaux engendrent la mise en place de nombreux processus métaboliques et physiologiques nécessaires au développement et à la croissance du foetus, et suffisamment efficaces pour limiter les efforts que devra fournir la mère. Ainsi, l’augmentation des besoins nutritionnels induits par la grossesse n’est pas simplement la somme des besoins cumulés pour le foetus, le placenta et les tissus maternels. Au contraire, les changements hormonaux sont mis en place pour orienter une partie des apports nutritifs vers le foetus de sorte que, d’une part, les besoins énergétiques réels durant le premier trimestre de grossesse ne soient pas augmentés par rapport à l’état de nongrossesse et que, d’autre part, les besoins énergétiques de la mère au deuxième et troisième trimestre ne soient augmentés que de 10%. Cependant, lorsque les apports nutritionnels sont insuffisants ou excessifs, les adaptations métaboliques et physiologiques mises en place par l’organisme auront souvent des conséquences néfastes à long terme

ARTICLES
  • Physiologie de la grossesse: Interactions entre la mère et l’enfant

    Auteur(s): Irene Cetin, Manuela Cardellicchio

    Une voie à deux sens : l’interaction entre la mère et l’enfant pendant la grossesse La croissance d’une plante dépend de la qualité de la terre et de la graine ; de même, le bien-être d’un bébé dépend principalement de son séjour dans le ventre de sa mère et de la santé de celle ci. La génétique joue un rôle important dans le développement fœtal. De récentes études ont néanmoins mis à jour l’impact incroyable des facteurs externes, notamment le statut nutritionnel, la composition corporelle et le statut endocrinien de la mère. L’impact de ces facteurs est démontré par leur influence sur la physiologie, mais aussi sur la santé future du bébé. Les bébés de femmes obèses ont beaucoup plus de risques de souffrir d’un syndrome métabolique ou d’une maladie cardiovasculaire au cours de leur vie. Cetin et Cardellicchio décrivent le processus fascinant de la grossesse et de la croissance fœtale.1 Leur article détaille l’interaction soigneusement orchestrée entre la mère, le fœtus et le placenta au cours des différentes phases de la grossesse et explore les effets des facteurs environnementaux sur ce processus. À partir de l’étude de rates et de mères au cours de la famine qui a sévi aux Pays Bas pendant la 2nde guerre mondiale, Cetin et Cardellicchio identifient les liens qui unissent l’état maternel à la santé du fœtus. Le placenta, membrane riche en vaisseaux sanguins et en transporteurs de nutriments qui forme un lien essentiel entre la mère et le fœtus, joue un rôle majeur. Par l’intermédiaire de cet organe, le fœtus reçoit des nutriments, mais également des signaux maternels qui influencent sa croissance et son développement. Les mères qui souffrent de diabète gestationnel ont des taux élevés de glucose et d’acides gras libres dans le sang, ce qui augmente le risque de maladie cardiovasculaire chez l’enfant.2 À l’autre bout du spectre, les mères ayant un poids insuffisant présentent souvent des carences en fer et en acide folique qui risquent d’entraîner des malformations du fœtus. En dépit de ces risques potentiels, le développement du fœtus est un processus étonnamment adaptable ; des mécanismes intégrés gèrent les fluctuations des carences et des excès. Hormis les facteurs génétiques, presque tous les autres facteurs maternels peuvent être contrôlés. Comme dans tous les domaines de la santé humaine, la modération est essentielle à un développement normal du fœtus et la bonne santé future de l’enfant.

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