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Nutrition infantile et ses effets sur la santé à long terme

Posté:  lundi, mai 26, 2014

L’obésité des femmes durant la grossesse affecte la santé du nourrisson à long terme.
« Environ 20% des femmes dans nos consultations prénatales sont cliniquement obèses », a souligné le professeur Lucilla Poston, chef de la Division de la santé des femmes au Kings College, Londres, Royaume-Uni, concernant l'épidémie de l'obésité maternelle, qui est à la hausse et en ligne avec les tendances mondiales. L'obésité maternelle est bien connue pour être associée à un diabète gestationnel, la pré-éclampsie, la mortinatalité, les malformations congénitales et les complications néonatales.. Cependant, comme le professeur Poston l’a souligné, l'obésité chez les femmes enceintes semble avoir des conséquences plus insidieuses pour la santé à long terme de la progéniture. Ceci en raison d’un effet de «programmation» in utero, l'obésité maternelle a des conséquences métaboliques qui sont associés à de plus gros bébés qui sont à risque plus élevé de devenir obèses ou en surpoids plus tard dans la vie. Ceci, à son tour, a des conséquences sur la santé à long terme, y compris un risque accru de maladies métaboliques et cardiovasculaires à l'âge adulte. De grands essais, tels que l’étude UPBEAT, sont en cours pour étudier comment des interventions sur le mode de vie, y compris la nutrition, peuvent réduire ces effets négatifs de l'obésité au cours grossesse

Éviter l'apport excessif en protéines durant l'enfance peut réduire la prise de poids rapide et l'obésité ultérieure chez les nourrissons nés de mères en surpoids.
« Il y’a clairement un lien entre la prise de poids rapide du nourrisson et l'obésité ultérieure », a confirmé le professeur Ekhard Ziegler du Département de pédiatrie de l'Université de l'Iowa, États-Unis, et « les apports en protéines pendant la petite enfance peuvent jouer un rôle décisif ». Il a été démontré dans plusieurs études que l'apport protéique élevé durant l’enfance aboutissement à une adiposité élevée. Professeur Ziegler a présenté les résultats d'un récent essai chez les enfants nés de mères en surpoids et obèses qui soulignent cet effet. Les nourrissons qui ont reçu une formule de suite, avec un faible teneur en protéines ont un gain de poids et un indice de masse corporelle inférieur pendant la période d'intervention et durable jusqu'à 2 ans, par rapport à ceux qui ont reçu une formule avec une teneur en protéines plus élevée. En résumé, il a affirmé que les préparations de suite avec une teneur en protéines plus proche de celle du lait maternel peuvent protéger les nourrissons à haut risque contre l'obésité ultérieure.

Un apport nutritionnel sain tôt dans la vie est susceptible d'aider à réduire les risques d'allergies et d'autres maladies non transmissibles
L'importance de la nutrition précoce saine dans la prévention des maladies non transmissibles, comme les allergies et les maladies cardiovasculaires, a été souligné par le professeur Susan Prescott, de l'Université de Western Australia à Perth. Elle a dit: «Nous assistons à une pandémie de maladies non transmissibles de presque tous les types, affectant tous les organes, et nous savons que la nutrition est au cœur de ceci ». La prévention est la meilleure approche pour réduire ce fardeau, et la plus grande opportunité réside dans la première enfance lorsque les schémas de réponse physiologiques, structurels, immunitaires et métaboliques qui influencent la susceptibilité futur à la maladie sont déterminés.

Il existe déjà des preuves solides qu'un «départ sain dans la vie» peut réduire le risque de Maladies Non Transmissibles (MNT) à la fois au début et plus tard.2, 3 Il est important de cibler les stratégies de prévention le plus tôt possible, avant même la conception, dans le cadre d'une approche « parcours de vie » visant à réduire le risque de maladie dans la génération futur. L'allergie est une MNT avec une apparition précoce dans les premières semaines ou mois de la vie et des facteurs de risque comme un état pro-inflammatoires, les habitudes alimentaires modernes, les polluants environnementaux, les modèles microbiens, et le stress. Professeur Prescott souligne que: « L'obésité maternelle est un état inflammatoire chronique qui influence le système immunitaire du fœtus en développement », et l'obésité infantile est liée à un risque plus élevé d'allergie, en particulier l'allergie alimentaire.

La meilleure façon de prévenir l'allergie alimentaire est encore l'objet de recherches. L'allaitement maternel est recommandé, mais si cela n'est pas possible, la formule hydrolysée peut être indiquée pour les nourrissons à risque élevé d'allergie alimentaire. Retarder l'introduction d'allergènes alimentaires potentiels au-delà de 6 mois peut effectivement augmenter le risque d'allergies alimentaires, plutôt que de les prévenir, et le moment de l'introduction de ces aliments dans l'alimentation infantile est l'objet de recherches en cours.

1. Poston L, Briley AL, Barr S, Croker H, Coxon et al. Developing a complex intervention for diet and activity behaviour change in obese pregnant women (the UPBEAT trial); assessment of behavioral change and process evaluation in a pilot randomized controlled trial. BMC Pregnancy Childbirth. 2013 Jul 15; 13(1):148. [epub ahead of print]
2. Hanson M, Gluckman P. Developmental origins of non-communicable disease: population and public health implications. Am J Clin Nutr 2011.
3. Hanson M, Gluckman P, Nutbeam D, Hearn J. Priority actions for the non-communicable disease crisis. Lancet 2011; 378:566-7.